biography of Buzy - english version  
   
Il y avait eu ce livre l’année dernière : engrenages. Une autobiographie, une tranche de vie. où passaient bien des fantômes : les années 80, Serge Gainsbourg, la new wave, les émois adolescents et les coupes de cheveux en pétard. C’était Buzy. qui nous racontait sa vie.
Une vie façon Grand Huit, avec ses hauts et ses bas. Une vie en rock, en sorte et pour faire court.
   
Aujourd’hui, Buzy revient après avoir été boudée, comme d’ailleurs les années 80 en général, celles là même qui plaisent tant aujourd’hui. Buzy revient, certes, mais c’est comme si elle n’était jamais partie. Produit et " animé " - au sens " d’âme " bien sûr – par le guitariste Alice Botté, Borderlove son nouveau disque, est donc celui d’une sorte de duo...comme il y a les Rita, tiens! C’est à dire qu’on sait bien que beaucoup de vie est passée sous ce pont là. Que c’est une histoire de couple. Enfin, d’inséparables ; du même nom que ces oiseaux qui se retrouvent toujours...même si la vie les sépare.
   
Les paresseux diront que c’est un disque de rock. Les autres ne relèveront même pas : ils le savent déjà.
Puisqu’elle n’a jamais fait autre chose, au fond. On y rencontre Jay Alanski ou No one is innocent, des guitares sales et des ambiances vaguement électro. Il y a des ballades comme borderlove ou lequel des deux ?, des morceaux un peu borderline comme stratégie de la solitude ou quasi-glam comme décadents, deux ou trois single évidents comme j’adore et je hais ou je suis un arbre, et même comme des papillons, un duo avec Daniel Darc. Encore une histoire de drôles d’oiseaux qui se retrouvent toujours, bien sûr...
Tout çà, surtout, porté par la voix d’une fille qui fume trop, et pour des textes qui racontent ce que c’est que d’être une femme aujourd’hui. Enfin, une femme comme elle, Buzy. Elle s’y livre, puisque, comme à son accoutumé, elle en a écrit les textes. L’amour et le couple impossible, solitude et dyslexie : bien sûr, chacun peut s’y reconnaître. C’est à cela que servent les chansons. Même si, mine de rien, pour rester poli, cela n’est plus si fréquent, des chansons qui racontent vraiment quelque chose, plutôt que de répondre à un format.
   
Alors, on pourra évoquer Marianne Faithfull, Bashung ou qui on voudra, et mesurer le chemin parcouru depuis Dyslexique ? Pourquoi pas...puisque c’est celui que, depuis 20 ans, nous avons traversé, vaille que vaille, à ses côtés. Mine de rien, là encore.

Patrick Eudeline
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